Tag Archives: Drame

“Spirales” – Tatiana de Rosnay

Standard

Spirales

Êtes vous prêts à vous laissez emporter par le tourbillon du destin, implacable, sans issue, de Tatiana de Rosnay ?

C’est la première fois que je lis un roman de Tatiana de Rosnay, même si je connaissais son succès pour « Elle s’appelait Sarah ». J’ai été emporté le temps de deux petites heures dans cet enchaînement terrible dont Hélène, l’héroïne, est la victime. Et je dois vous avouer que je n’en suis pas sortie indemne moi non plus !

Hélène est une mère de famille bourgeoise, aimante, sereine, intelligente, bien sous tout rapport dira-t-on. Jusqu’au jour où elle fait un faux pas, puis un autre… Et de mensonges en mensonges, la vie semble se retourner contre elle. Je ne vous en dis pas plus pour vous laissez le temps de profiter au mieux de ce petit roman presque diabolique.

Au début, je pensais qu’il était peu crédible que tout cela puisse arriver à la même personne, et puis au fil du roman, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que nous pourrions toutes devenir victimes du même coup du sort… et là c’est difficile de s’en remettre !

J’ai adoré le style d’écriture de Tatiana de Rosnay, simple, les phrases sont courtes, et tout cela donne un rythme effréné au roman. Ajoutez à cela des chapitres très courts, et vous obtenez cette petite bombe littéraire, qui en fera exploser plus d’une !

Et attention à la fin du roman, elle devrait vous surprendre ! Je suis restée interdite, et je ne sais pas encore quoi en penser… Peut être l’illumination me viendra-t-elle un peu plus tard à force de penser et repenser à ce que j’ai pu lire ? En tout cas, si vous voulez en parler, n’hésitez surtout pas !

Editions Le Livre de poche, 20/03/2013.

Advertisements

“Heather Mallender a disparu” – Robert Goddard

Standard

Heather Mallender a disparu - Robert Goddard

Je reviens sur un roman que j’aurais pu dévorer (comme d’autres lecteurs avides de connaître le dénouement de cette fabuleuse enquête), mais que j’ai plutôt savouré, lentement, pour finalement ne plus tenir, et me sentir obligée de lire le plus vite possible pour comprendre le pourquoi du comment.

Car oui, Robert Goddard est un maître incontesté du suspense, il nous sème des indices à droite, à gauche, afin que le dénouement nous paraisse encore plus surprenant ! (et autant vous dire que le dénouement de ce roman est une vraie perle, comme je les aime !)

Mais rappelons aux lecteurs moins chanceux de quoi traite « Heather Mallender a disparu ». Le titre parle de lui-même, c’est l’histoire de Heather Mallender, qui, vous vous en doutez maintenant, a disparu lors d’un séjour à Rhodes, dans la villa d’un diplomate anglais, gardée par Harry Barnett, alcoolique d’une cinquantaine d’années, qui est en fait le héros de notre histoire. Celle-ci se déroule d’ailleurs dans un passé assez proche, à la fin des années 80. Heather Mallender disparaît donc alors qu’elle fait une randonnée avec Harry Barnett, avec qui elle semble liée d’amitié. Ce dernier est donc le suspect n°1 pour la police qui enquête sur la disparition de la demoiselle, ajouter à cela que M. Barnett est plutôt un ennemi de la famille, et vous obtenez le coupable idéal. Le coupable un peu trop idéal… Laissant ses bouteilles loin derrière lui (ou presque), Harry Barnett décide de mener l’enquête pour retrouver Heather, persuadé qu’elle est encore vivante. Le hasard faisant bien les choses, il se retrouve en possession des dernières photographies de la jeune femme. 24 photographies qui vont l’entraîner sur les pas d’Heather, et d’une terrible machination… En sortira-t-il seulement indemne ?

Le résumé, pour ma part, avait achevé de me convaincre que je devais à tout prix me procurer ce roman haut en couleurs (de plus, il n’est pas tout à fait déplaisant de voyager un peu, entre la Grèce et l’Angleterre). Je n’avais encore jamais lu de romans de Robert Goddard, même si « Par un matin d’automne » m’attend sagement dans la bibliothèque. Je suis désormais ravie d’avoir pu découvrir cet auteur qui manie l’écriture et le suspense à la perfection. La galerie de personnages est des plus convaincantes, et vous ne cesserez de passer d’un coupable à un autre, vous serez baladé par l’auteur, et ce jusqu’aux dernières pages du roman, ce qui est assez exceptionnel !

Bien que le roman soit assez long, vous pourrez sans peine le dévorer, croyez moi ! Cette soif de connaître le fin mot de l’histoire est des plus présentes dans ce roman… policier ?

715 pages que vous ne regretterez pas d’avoir lues, effet surprise garanti !

 

Éditions Le Livre de Poche – Sélection prix des lecteurs 2013 (mai)
En grand format, éditions Sonatine.

Si ce livre vous a plu, n’hésitez pas à vous jeter sur le nouveau Robert Goddard : “Le secret d’Edwin Strafford”, sorti en mars dernier aux éditions Sonatine.

“La première chose qu’on regarde” – Grégoire Delacourt

Standard

Crédit JC Lattès

J’avais beaucoup entendu parler de « La liste de mes envies », qui semblait avoir conquis plus d’un lecteur, et je me suis donc lancée dans la lecture du nouveau roman de Grégoire Delacourt, « La première chose qu’on regarde », paru le 20 mars dernier.

A la lecture du résumé, je m’attendais à un roman très comique, assez enlevé, ce qui allait me changer de ma dernière lecture. Il s’agit de l’histoire d’Arthur Dreyfuss, un mec comme les autres, peut être un peu plus étrange, qui un soir voit débarquer Scarlett Johansson chez lui, dans son village paumé.

On imagine déjà tout ce qui pourrait se produire, tous les clichés qui pourraient être mis à mal par l’auteur, tous les gags qui pourraient nous faire rire… Et au final, on est vraiment loin du compte.

Je ne peux cacher que j’ai été assez déçue par ce roman, même si d’un point de vue purement objectif, faisant fi de mes attentes, je dirais que c’est plutôt réussi, comme manière de surprendre le lecteur dans le récit (et je n’en dirais pas plus, pour ne rien gâcher à ceux et celles qui le liraient…).

L’auteur décrit à merveille la naissance de l’amour entre deux personnes cassées par la vie, que leur relation pourrait réparer… Deux personnes qui semblent si normales, et pourtant si différentes de nous, avec leurs échecs, leurs émois, leur sensibilité. Et pour ça, le roman ne peut qu’être beau, écrit avec une plume juste et parfois acerbe, pour nous évoquer les sentiments éprouvés par nos deux héros.

J’ai été touchée par eux, mais j’ai aussi été très gênée, de par leurs caractères, mais aussi de par la présentation qui a été faite dans le roman. Je n’ai pas l’habitude que les dialogues se perdent au fin fond du récit, et qu’il soit parfois difficile de les distinguer de la narration. Je n’ai non plus compris toutes les références que l’auteur a pu faire, et je pense que c’est dommage, pour les lecteurs d’une autre génération que celle de l’auteur dirons nous. Là encore, chaque lecteur a sa sensibilité, et sur ces points là, elle est forcément très différente.

J’ai finalement été très surprise par le style d’écriture qui m’avait été vanté jusque là. C’est donc plutôt déçue que j’ai refermé ce livre (bien que la fin m’ait beaucoup plus quand même, par sa justesse notamment, et car elle permet au titre de nous dévoiler tout son
sens !). Toutefois, je souhaite saluer le travail de Grégoire Delacourt, car c’est sans nul doute un roman original, et je lirais quand même « La liste de mes envies » qui m’a tout l’air d’être une petite perle dans le paysage littéraire français de ces dernières années !

Et vous, quelle est la première chose que vous regardez ?

Editions JC Lattès, 20/03/2013.

“La mort s’invite à Pemberley” – P.D James

Standard

La mort s'invite à Pemberley

 

Je me suis procuré cet ouvrage en version originale, la lecture a donc été plus longue et parfois, je l’avoue, plus fastidieuse, PD James ayant reproduit le vocabulaire et le style de l’époque de Jane Austen.

Je m’adresse à toutes les passionnées (et les passionnés, je sais qu’il y en a !) de Jane Austen, et en particulier d’ « Orgueil et Préjugés », puisqu’il s’agit ici d’une suite à ce fabuleux roman, rédigée par la grande P.D James, maîtresse du roman policier anglais ! De quoi me mettre l’eau à la bouche !

Imaginez un instant que quelques années se sont écoulées depuis que M. Darcy et Elizabeth se sont mariées, ils ont maintenant plusieurs enfants, vivent heureux à Pemberley, comme nous le suggère si bien Jane Austen à la fin de son roman. Oui mais voilà, c’était sans compter le retour de Lydia et de Wickham qui va leur causer beaucoup de soucis…

C’est avec joie que j’ai pu retrouver tous mes personnages préférés pour une nouvelle aventure, plus noire cette fois-ci puisque survient un accident… ou un meurtre… qu’il va falloir élucider ! Si j’ai été pleinement comblée par le roman en lui-même, l’enquête ne m’a pas paru extraordinaire, non que j’eus deviné ce qu’il allait advenir de nos personnages à la fin de ce roman (et je ne vous dirais rien dessus d’ailleurs !), mais j’ai trouvé que le rythme était un peu lent. Cela dit, ça ne peut pas faire de mal, comparé à tous ces romans policiers que l’on peut lire aujourd’hui, et puis c’est aussi le rythme de l’époque.

P.D James recrée à la perfection l’univers déjà si parfait d’ « Orgueil et Préjugés ». Cela reste une pépite que je conseille de lire à tous les inconditionnels du roman de Jane Austen !

Et si vous êtes un inconditionnel des adaptations des univers de Jane Austen, vous pourrez bientôt retrouver « Longbourn », de Jo Baker, qui racontera « Orgueil et Préjugés » du point de vue des domestiques !

 

Editions Fayard, 2011.
Quelques informations sur “Longbourn” de Jo Baker.

“La décision” d’Isabelle Pandazopoulos

Standard

CVT_La-decision_7983

C’est l’histoire d’un déni de grossesse… Non, plutôt du déni de grossesse… De ce comportement qu’on comprend rarement, et qui pourtant a tout pour être humain…

C’est l’histoire de Louise, mais aussi de ses parents, de ses amis, des gens qui sont là pour l’aider, et puis c’est celle de son bébé…

C’est l’histoire d’une terrible épreuve, d’un secret, d’une vie…

Quand j’ai reçu ce nouveau livre, ce coup de coeur 2013 de la rédaction, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que j’allais avoir du mal à le lire. Le thème abordé est un thème difficile, que je connais peu, et pourtant je ne peux m’empêcher comme beaucoup de juger ces filles…

Oui, mais pourtant voilà, ce livre je l’ai dévoré, et je l’ai adoré… Parce qu’il est vrai, parce qu’il nous fait comprendre l’inacceptable… Parce que Louise, qui est en plein déni de grossesse, j’ai fini par saisir ce qui lui faisait si mal dans tout ça, j’ai fini par comprendre qu’elle n’avait pas d’autres choix…

Le pire dans tout ça, c’est que je me suis reconnue dans Louise, nous nous ressemblons beaucoup elle et moi, comme elle doit ressembler à pas mal de filles qui ont la vingtaine aujourd’hui… Et à la lecture de ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher de penser :

« Et si c’était moi ? »

Et si c’était vous ? Qu’auriez vous fait ? Savez vous ce que c’est de vivre ainsi dans le déni malgré toutes les preuves que les autres sont prêts à vous apporter ?

C’est un roman bouleversant, dans lequel l’auteur nous pousse dans nos derniers retranchements pour accepter l’inacceptable. Il est clairement impossible de s’arrêter de lire jusqu’à la dernière page, non sans avoir versé quelques larmes, non pas de tristesse, mais plutôt de compassion…

J’ai apprécié le découpage en chapitres, racontés par différents personnages pour suivre l’évolution de l’histoire de Louise et de son bébé, et pour mieux comprendre toute la psychologie des personnages… L’écriture est très réussie !

Je suis admirative de ce courage, de cette détermination finalement dont l’héroïne fait preuve malgré le sort qui s’acharne à coup de massue sur elle…

Avant, quand on me parlait de déni de grossesse, et on en parle pas souvent, je pensais que c’était étrange, bizarre, malsain… Comment était-ce seulement possible d’ignorer la vie qui poussait en nous ?

Mais après cette lecture, j’ai enfin compris. Et vous aussi, pour comprendre, je vous conseille la lecture de cet ouvrage, certes romancé, mais très vrai, très documenté, et absolument tendre.

Vous ne verrez plus les choses de la même manière, vous les verrez de l’intérieur…

Éditions Gallimard Jeunesse, collection Scripto,
Parution le 31/01/2013
Retrouvez cette chronique sur le blog “On lit plus fort” des éditions Gallimard Jeunesse.