Category Archives: Policier

“Heather Mallender a disparu” – Robert Goddard

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Heather Mallender a disparu - Robert Goddard

Je reviens sur un roman que j’aurais pu dévorer (comme d’autres lecteurs avides de connaître le dénouement de cette fabuleuse enquête), mais que j’ai plutôt savouré, lentement, pour finalement ne plus tenir, et me sentir obligée de lire le plus vite possible pour comprendre le pourquoi du comment.

Car oui, Robert Goddard est un maître incontesté du suspense, il nous sème des indices à droite, à gauche, afin que le dénouement nous paraisse encore plus surprenant ! (et autant vous dire que le dénouement de ce roman est une vraie perle, comme je les aime !)

Mais rappelons aux lecteurs moins chanceux de quoi traite « Heather Mallender a disparu ». Le titre parle de lui-même, c’est l’histoire de Heather Mallender, qui, vous vous en doutez maintenant, a disparu lors d’un séjour à Rhodes, dans la villa d’un diplomate anglais, gardée par Harry Barnett, alcoolique d’une cinquantaine d’années, qui est en fait le héros de notre histoire. Celle-ci se déroule d’ailleurs dans un passé assez proche, à la fin des années 80. Heather Mallender disparaît donc alors qu’elle fait une randonnée avec Harry Barnett, avec qui elle semble liée d’amitié. Ce dernier est donc le suspect n°1 pour la police qui enquête sur la disparition de la demoiselle, ajouter à cela que M. Barnett est plutôt un ennemi de la famille, et vous obtenez le coupable idéal. Le coupable un peu trop idéal… Laissant ses bouteilles loin derrière lui (ou presque), Harry Barnett décide de mener l’enquête pour retrouver Heather, persuadé qu’elle est encore vivante. Le hasard faisant bien les choses, il se retrouve en possession des dernières photographies de la jeune femme. 24 photographies qui vont l’entraîner sur les pas d’Heather, et d’une terrible machination… En sortira-t-il seulement indemne ?

Le résumé, pour ma part, avait achevé de me convaincre que je devais à tout prix me procurer ce roman haut en couleurs (de plus, il n’est pas tout à fait déplaisant de voyager un peu, entre la Grèce et l’Angleterre). Je n’avais encore jamais lu de romans de Robert Goddard, même si « Par un matin d’automne » m’attend sagement dans la bibliothèque. Je suis désormais ravie d’avoir pu découvrir cet auteur qui manie l’écriture et le suspense à la perfection. La galerie de personnages est des plus convaincantes, et vous ne cesserez de passer d’un coupable à un autre, vous serez baladé par l’auteur, et ce jusqu’aux dernières pages du roman, ce qui est assez exceptionnel !

Bien que le roman soit assez long, vous pourrez sans peine le dévorer, croyez moi ! Cette soif de connaître le fin mot de l’histoire est des plus présentes dans ce roman… policier ?

715 pages que vous ne regretterez pas d’avoir lues, effet surprise garanti !

 

Éditions Le Livre de Poche – Sélection prix des lecteurs 2013 (mai)
En grand format, éditions Sonatine.

Si ce livre vous a plu, n’hésitez pas à vous jeter sur le nouveau Robert Goddard : “Le secret d’Edwin Strafford”, sorti en mars dernier aux éditions Sonatine.

“La mort s’invite à Pemberley” – P.D James

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La mort s'invite à Pemberley

 

Je me suis procuré cet ouvrage en version originale, la lecture a donc été plus longue et parfois, je l’avoue, plus fastidieuse, PD James ayant reproduit le vocabulaire et le style de l’époque de Jane Austen.

Je m’adresse à toutes les passionnées (et les passionnés, je sais qu’il y en a !) de Jane Austen, et en particulier d’ « Orgueil et Préjugés », puisqu’il s’agit ici d’une suite à ce fabuleux roman, rédigée par la grande P.D James, maîtresse du roman policier anglais ! De quoi me mettre l’eau à la bouche !

Imaginez un instant que quelques années se sont écoulées depuis que M. Darcy et Elizabeth se sont mariées, ils ont maintenant plusieurs enfants, vivent heureux à Pemberley, comme nous le suggère si bien Jane Austen à la fin de son roman. Oui mais voilà, c’était sans compter le retour de Lydia et de Wickham qui va leur causer beaucoup de soucis…

C’est avec joie que j’ai pu retrouver tous mes personnages préférés pour une nouvelle aventure, plus noire cette fois-ci puisque survient un accident… ou un meurtre… qu’il va falloir élucider ! Si j’ai été pleinement comblée par le roman en lui-même, l’enquête ne m’a pas paru extraordinaire, non que j’eus deviné ce qu’il allait advenir de nos personnages à la fin de ce roman (et je ne vous dirais rien dessus d’ailleurs !), mais j’ai trouvé que le rythme était un peu lent. Cela dit, ça ne peut pas faire de mal, comparé à tous ces romans policiers que l’on peut lire aujourd’hui, et puis c’est aussi le rythme de l’époque.

P.D James recrée à la perfection l’univers déjà si parfait d’ « Orgueil et Préjugés ». Cela reste une pépite que je conseille de lire à tous les inconditionnels du roman de Jane Austen !

Et si vous êtes un inconditionnel des adaptations des univers de Jane Austen, vous pourrez bientôt retrouver « Longbourn », de Jo Baker, qui racontera « Orgueil et Préjugés » du point de vue des domestiques !

 

Editions Fayard, 2011.
Quelques informations sur “Longbourn” de Jo Baker.

“L’homme aux cercles bleus” – Fred Vargas

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L'homme aux cercles bleus - Fred Vargas

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? »

C’est avec curiosité que j’ai découvert l’écriture de Fred Vargas, vantée comme l’une des maîtresses du roman policier français, je ne m’étais jusqu’ici que peu intéressée à elle. Mais c’est avec un immense plaisir, et les yeux pétillants de curiosité que j’ai dévoré « L’homme aux cercles bleus », l’un de ses premiers romans, et sans doute l’un des plus connus. Cette série marque le début des aventures d’un de ses personnages récurrents : le commissaire Adamsberg. Et autant vous annoncer la couleur tout de suite, j’ai été totalement conquise par le personnage et par le style de Fred Vargas !

« L’homme aux cercles bleus » raconte l’histoire d’une enquête plutôt sordide à l’origine. Le commissaire Adamsberg, nouvellement nommé commissaire dans le 5ème arrondissement de Paris, est inquiet. En effet, depuis quelques mois, un individu s’amuse à tracer des cercles bleus autour d’objets insolites dans tout Paris en inscrivant à côté la phrase : « Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? ». Les journalistes se passionnent pour l’affaire, les policiers n’en ont que faire, et Adamsberg se méfie. En effet, selon lui, cet « homme aux cercles bleus » pourrait bien finir par commettre un crime, car tout cela est bien l’œuvre de quelqu’un de dérangé, ou de machiavélique. Avec l’aide d’une femme, Mathilde, qui admet avoir suivi « l’homme aux cercles bleus », Adamsberg va tenter de démasquer le maniaque.

Cette enquête va nous mener de tous les côtés, avec un dénouement inattendu, tous les ingrédients d’un bon policier sont réunis. C’est un vrai plaisir pour les neurones ! Pour ma part, je suis conquise, et c’est avec joie que je vais me hâter de retrouver le commissaire Adamsberg dans ses autres aventures, que j’espère bien vous relater sur ce blog !

A tous ceux et toutes celles qui souhaiteraient passer un bon moment devant un policier, et découvrir un style d’écriture différent de ce que l’on a l’habitude de lire, je vous conseille Fred Vargas !

Editions “J’ai lu”, 2002, pour le format poche.
Editions Viviane Hamy, 1996, pour le grand format.

“La maison où je suis mort autrefois” – Higashino Keigo

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La maison où je suis mort autrefois - Higashino Keigo

 

Voici l’occasion de commencer à vous présenter des romans policiers sur ce blog, mais surtout mon auteur japonais préféré. Malheureusement, ce dernier n’a pour l’instant été que peu édité en France, mais j’espère bien que les éditions Acte Sud vont continuer sur leur lancée pour nous offrir de thrillers et policiers haletants tels que sait les écrire Higashino Keigo (j’en suis même réduite à tenter de les lire directement en japonais, et autant vous dire que ça n’a rien de simple).

« La maison où je suis mort autrefois », au titre tout à fait accrocheur par ailleurs, raconte l’histoire de Sayaka Kurahashi. Son mariage va mal, elle maltraite sa fille, et elle est suffisamment dépressive pour avoir tenté de mettre fin à ses jours. Mais le plus étonnant dans tout ça, c’est qu’elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. C’est cette étrange amnésie qui va nous captiver jusqu’à la fin du roman. A la mort de son père, elle reçoit une étrange enveloppe contenant une clé et un plan indiquant la route à parcourir pour atteindre une maison perdue dans les montages. C’est avec un ami d’enfance qu’elle va s’y rendre, ne sachant pas vraiment ce qu’elle va y trouver. Là bas, le temps semble s’être arrêté. La maison paraît abandonnée depuis longtemps. En la visitant, il découvre la chambre d’un petit garçon, Yusuke, et un journal intime… C’est alors qu’ils vont découvrir les tragiques événements qui se sont déroulés dans cette maison, et se lancer dans une enquête étrange et obsédante pour comprendre ce qui est arrivé au petit Yusuke, et quel est le lien qui existe entre son histoire et l’enfance de Sayaka.

Ce roman n’est pas un policier classique, bien qu’on soit entraîné dans une enquête obsédante et troublante en compagnie de nos deux héros. Higashino Keigo parvient à nous conter cette histoire lugubre de telle manière qu’il est compliqué de lâcher ce livre, même si l’on est choqué par ce qui est écrit à l’intérieur. Pour ma part j’ai été très surprise, n’étant pas habituée à lire ce genre de roman très noir de sa part, et c’est troublée que j’ai refermé cet ouvrage.

Higashino Keigo nous montre avec brio que notre mémoire peut cacher bien des choses, des choses mortelles… Et c’est sur cette phrase que je vais vous laisser méditer, sans vous en dévoiler plus…

Pour les adeptes des énigmes et de l’étrange, ce roman est fait pour vous. Il s’agit d’une écriture de grande qualité (la traduction l’est également) du maître du polar japonais ! A mettre entre les mains de tous les aficionados !

Mention spéciale pour la couverture, macabre à souhait !

 

« Je ne sais pas, mais c’est malsain, dit-elle en se frottant les avant-bras, je veux bien que les gens qui habitaient ici soient partis, mais laisser tout en plan de cette façon… »

Editions Acte Sud, collection Babel Noir en format poche.