Category Archives: Histoire de vie

La Casati, La Muse Egoïste – Vanna Vinci

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Je profite de mon stage chez Dargaud, Dupuis, Le Lombard pour alimenter ce blog en chroniques consacrées à des bandes dessinées.

Aujourd’hui je vous présente « La Casati », qui n’est autre qu’une biographie illustrée consacrée à Louise Amman, née en 1881 à Milan, et qui a décidé de faire de son corps une œuvre d’art. Elle a développé au fil des années le concept de super-star, on la compare aujourd’hui à Lady Gaga, qui n’a certainement rien inventé ! La Casati a été la muse de nombreux artistes de la Belle Epoque, elle a dilapidé sa fortune en parure, bijoux, tableaux, et est morte dans la pauvreté, sans jamais pour autant s’en plaindre.

Ce qu’on retiendra d’elle ? Cet épais très de khôl, ses cheveux courts et rouges, et cet égoïsme qui a fait d’elle la diva de la Belle Epoque.

Cet album est très intéressant, car il relate la vie de ce personnage au travers de différents personnages qui ont fait sa rencontre et qui nous racontent à nous, lecteurs, leurs expériences. C’est un peu une biographie interactive, accompagnée d’un dessin sublime. Sans doute est-ce une façon pédagogique d’apprendre à connaître certains personnages grâce à une bande dessinée.

Pas de doute, si vous êtes curieux, vous serez très vite conquis par la fabuleuse histoire de La Casati !

 

Editions Dargaud, 2013

“Spirales” – Tatiana de Rosnay

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Spirales

Êtes vous prêts à vous laissez emporter par le tourbillon du destin, implacable, sans issue, de Tatiana de Rosnay ?

C’est la première fois que je lis un roman de Tatiana de Rosnay, même si je connaissais son succès pour « Elle s’appelait Sarah ». J’ai été emporté le temps de deux petites heures dans cet enchaînement terrible dont Hélène, l’héroïne, est la victime. Et je dois vous avouer que je n’en suis pas sortie indemne moi non plus !

Hélène est une mère de famille bourgeoise, aimante, sereine, intelligente, bien sous tout rapport dira-t-on. Jusqu’au jour où elle fait un faux pas, puis un autre… Et de mensonges en mensonges, la vie semble se retourner contre elle. Je ne vous en dis pas plus pour vous laissez le temps de profiter au mieux de ce petit roman presque diabolique.

Au début, je pensais qu’il était peu crédible que tout cela puisse arriver à la même personne, et puis au fil du roman, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que nous pourrions toutes devenir victimes du même coup du sort… et là c’est difficile de s’en remettre !

J’ai adoré le style d’écriture de Tatiana de Rosnay, simple, les phrases sont courtes, et tout cela donne un rythme effréné au roman. Ajoutez à cela des chapitres très courts, et vous obtenez cette petite bombe littéraire, qui en fera exploser plus d’une !

Et attention à la fin du roman, elle devrait vous surprendre ! Je suis restée interdite, et je ne sais pas encore quoi en penser… Peut être l’illumination me viendra-t-elle un peu plus tard à force de penser et repenser à ce que j’ai pu lire ? En tout cas, si vous voulez en parler, n’hésitez surtout pas !

Editions Le Livre de poche, 20/03/2013.

“La première chose qu’on regarde” – Grégoire Delacourt

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Crédit JC Lattès

J’avais beaucoup entendu parler de « La liste de mes envies », qui semblait avoir conquis plus d’un lecteur, et je me suis donc lancée dans la lecture du nouveau roman de Grégoire Delacourt, « La première chose qu’on regarde », paru le 20 mars dernier.

A la lecture du résumé, je m’attendais à un roman très comique, assez enlevé, ce qui allait me changer de ma dernière lecture. Il s’agit de l’histoire d’Arthur Dreyfuss, un mec comme les autres, peut être un peu plus étrange, qui un soir voit débarquer Scarlett Johansson chez lui, dans son village paumé.

On imagine déjà tout ce qui pourrait se produire, tous les clichés qui pourraient être mis à mal par l’auteur, tous les gags qui pourraient nous faire rire… Et au final, on est vraiment loin du compte.

Je ne peux cacher que j’ai été assez déçue par ce roman, même si d’un point de vue purement objectif, faisant fi de mes attentes, je dirais que c’est plutôt réussi, comme manière de surprendre le lecteur dans le récit (et je n’en dirais pas plus, pour ne rien gâcher à ceux et celles qui le liraient…).

L’auteur décrit à merveille la naissance de l’amour entre deux personnes cassées par la vie, que leur relation pourrait réparer… Deux personnes qui semblent si normales, et pourtant si différentes de nous, avec leurs échecs, leurs émois, leur sensibilité. Et pour ça, le roman ne peut qu’être beau, écrit avec une plume juste et parfois acerbe, pour nous évoquer les sentiments éprouvés par nos deux héros.

J’ai été touchée par eux, mais j’ai aussi été très gênée, de par leurs caractères, mais aussi de par la présentation qui a été faite dans le roman. Je n’ai pas l’habitude que les dialogues se perdent au fin fond du récit, et qu’il soit parfois difficile de les distinguer de la narration. Je n’ai non plus compris toutes les références que l’auteur a pu faire, et je pense que c’est dommage, pour les lecteurs d’une autre génération que celle de l’auteur dirons nous. Là encore, chaque lecteur a sa sensibilité, et sur ces points là, elle est forcément très différente.

J’ai finalement été très surprise par le style d’écriture qui m’avait été vanté jusque là. C’est donc plutôt déçue que j’ai refermé ce livre (bien que la fin m’ait beaucoup plus quand même, par sa justesse notamment, et car elle permet au titre de nous dévoiler tout son
sens !). Toutefois, je souhaite saluer le travail de Grégoire Delacourt, car c’est sans nul doute un roman original, et je lirais quand même « La liste de mes envies » qui m’a tout l’air d’être une petite perle dans le paysage littéraire français de ces dernières années !

Et vous, quelle est la première chose que vous regardez ?

Editions JC Lattès, 20/03/2013.

« Le Bon Antoine » – Marie Desplechin

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Le Bon Antoine

Je pensais être déjà trop âgée pour pouvoir apprécier pleinement les histoires d’un collégien, puisque cela fait maintenant très longtemps (trop ?) que j’ai quitté les bancs du collège et même du lycée.

Vous allez rire, mais je me trompais. J’ai pris beaucoup de plaisir à dévorer « Le Bon Antoine » de Marie Desplechin, je me suis pas mal identifiée (malgré moi) à cette bonne poire comme il se qualifie lui-même… « Trop bon, trop con », comme dit ce dicton familier. C’est exactement ce à quoi Antoine me fait penser. C’est l’histoire d’un collégien banal, pas trop intéressé par les études, qui par une suite d’évènements va finir par devenir une « star » de son collège, un taggeur, un baby-sitter, va découvrir le monde du travail et va croquer la vie à pleines dents, tout simplement !

Ayant une sœur en troisième, j’ai trouvé l’intrigue plutôt prenante, et je n’ai pas arrêté d’imaginer que tout ça pouvait bien lui arriver dans son groupe d’amis. Je pense que cela m’a sans doute aidé à être encore plus proche de cette ribambelle de collégiens aussi normaux que détonants…

Ce roman, plein d’humour sur la vie des collégiens d’aujourd’hui, est une vraie bouffée d’air frais dans ma bibliothèque. Je ne peux que le conseiller aux jeunes et aux moins jeunes, car c’est aussi une vraie pépite pour mieux comprendre ce qu’il peut se passer dans la tête de nos amis, les adolescents, cette espèce un peu étrange par laquelle nous sommes tous passés, ou passons encore.

Et c’est sans doute pour ça que ce roman fait partie de la sélection du prix Gulli. Le prix Gulli du roman sera élu le 5 juin prochain par 10 familles sélectionnées pour l’occasion, parmi 7 titres.

Le Manoir. Liam et la carte d’éternité (tome 1), d’Evelyne Brisou-Pellen (Bayard)
Quelle épique époque opaque, d’Anne Pouget (Casterman)
Le bon Antoine, de Marie Desplechin (Gallimard Jeunesse)
Le Mystère de la tête d’or. Le trésor de l’isle (épisode 1), de Catherine Cuenca (Gulfstream)
Lina et la forêt des sortilèges. La tombola des démons (tome 1), de Serge Brussolo (Michel Lafon)
Le magicien du pharaon, d’Alain Grousset (Nathan)
Vampires, cartable et poésie, de Sébastien Joanniez (Rouergue)

Edit du 11/06/2013

C’est finalement Le Manoir d’Evelyne Brisou-Pellen qui a obtenu le prix Gulli.

Editions Gallimard Jeunesse, 03/2013.
Vous pouvez aussi lire, du même auteur, “La Belle Adèle”, aux éditions Gallimard Jeunesse.
Vous pouvez retrouver cette chronique sur le blog “On lit plus fort” des Editions Gallimard Jeunesse

“Certaines n’avaient jamais vu la mer” de Julie Otsuka

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C’est un roman au pluriel, un hommage, des vies…

C’est un « nous » qui exprime l’horreur, la douleur, la cruauté humaine…

Mais c’est aussi un « nous » parfois heureux, souvent curieux, un « nous » qui se satisfait du nécessaire…

Et c’est un « nous » qui est fort peu connu.

En effet, dans cette « multibiographie » en un sens, Julie Otsuka nous compte l’histoire de ces japonaises, vendues à des époux vivant dans l’Ouest des Etats-Unis, qui ont traversé l’océan Pacifique pour venir s’installer aux Etats-Unis au début du siècle dernier, où elles pensaient vivre une vie paisible et heureuse.
Là bas, elles découvrent que leurs maris sont loin d’être riches, généralement ce sont de simples paysans. Mais malgré tout, elles vont faire preuve de courage, de simplicité, et d’inventivité, pour survivre dans ce pays qui leur est totalement étranger.

Julie Otsuka nous raconte leurs vies, leur adaptation au “way of life” américain, leur apprentissage de la langue, de l’amour, leurs premières naissances, l’enseignement qu’elles ont apporté à leurs enfants, les métiers qu’elles ont exercés…

Mais aussi leur déportation au moment de la seconde guerre mondiale, le décès de certaines, la disparition de toutes…

C’est une part de l’Histoire qu’on connaît peu voire pas, les japonais ayant été déportés dans des camps au moment de la seconde guerre mondiale, et de la « trahison » du Japon avec le bombardement de Pearl Harbor.

Julie Otsuka illustre avec brio la facilité déconcertante avec laquelle leurs voisins américains se sont mis à les soupçonner de trahison du fait de leurs origines orientales.

Si le livre est triste, voire gênant parfois, l’écriture est prenante, touchante. Ce roman, écrit à la première personne du pluriel, est un véritable témoignage de la vie de toutes ces japonaises au début du siècle aux Etats-Unis. C’est un bel hommage que Julie Otsuka leur rend ici.

Je conseille la lecture de ce livre à quiconque aurait une passion pour l’histoire, pour le Japon, ou simplement envie de découvrir le formidable style d’écriture de Julie Otsuka, déjà reconnue pour son roman « Quand l’Empereur était un Dieu ».

Editions Phoebus, 2012.
Prix Femina étranger 2012.