Monthly Archives: January 2013

“TK” de Philippe Laborde

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Concours du 1er roman jeunesse de Gallimard Jeunesse, en partenariat avec RTL et Télérama

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C’est avec un avis mitigé, mais positif dans l’ensemble, que j’ai terminé hier soir « TK » de Philippe Laborde, autre candidat retenu pour le concours du premier roman jeunesse de Gallimard Jeunesse.
Il n’aura malheureusement pas détrôné mon coup de cœur pour « La passe miroir » de Christelle Dabos, à qui je souhaite le meilleur possible pour la suite de cette formidable aventure !

Attention, vous avez jusqu’à jeudi pour voter pour votre roman préféré parmi les trois sélectionnés ! Que le sort en soit jeté !

« TK » raconte l’histoire d’une bande de 4 lycéens, Brad, Esteban, Manu et notre héros Alan. Les 4 croient dur comme fer à l’existence de la télékinésie (d’où le titre « TK ») et décident de s’entraîner à fond pour avoir leurs propres pouvoirs.
Pour cela, ils décident de faire appel à M. Huysmans, radio-télékinésiste de son état, pour leur donner des cours.
Seulement voilà, ils n’avaient pas prévu que cette petite expérience entre copains aurait de telles conséquences… Ils s’embarqueront dans une histoire rocambolesque, que je tairai ici pour vous laisser tout le plaisir de découvrir ce roman (s’il est édité…).

Les trois quarts du roman sont vraiment géniaux. J’ai adoré toutes ces références littéraires, cinématographiques ou encore de la vie quotidienne de tous ces ados ! Parce que ces références sont les mêmes que les miennes ! C’était très agréable de les retrouver, traitées ainsi, par Alan (narrateur de toute l’histoire). Vous pourrez retrouver Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Star Wars, Superman, Batman, ou encore Pokémon !

Toute la partie du roman sur l’apprentissage de la « TK », sur ce que ces ados sont prêts à faire pour parvenir à leurs fins est drôle, prenante et parfaitement plausible (après tout, pourquoi ne serait-il pas possible de déplacer des objets par la pensée?). Les personnages sont très attachants, d’autant plus qu’ils correspondent tout à fait aux ados de nos jours, que j’étais il n’y a pas si longtemps que ça !

Oui mais voilà, comme je l’ai dit d’entrée, je vous présente finalement un avis mitigé de ce roman. Parce que la dernière partie du roman, où se situe toute l’action me direz-vous, ne m’a pas paru crédible. Certes, faire de la télékinésie, à la base, c’est très étonnant, mais la suite est encore plus surprenante, voire délirante, et c’est là que l’auteur m’a malheureusement perdue. Je me suis même ennuyée, mais bon la majeure partie du roman ayant été très drôle, ça a compensé cette cinquantaine de pages un peu fatigante…

Et puis, pour rester quand même positive jusqu’au bout, la fin, qui a un côté un peu classique quand même, m’a beaucoup plu ! Elle est un tant soit peu déroutante, et parvient à surprendre le lecteur. J’adore !

Donc pour conclure, un livre qui vaut quand même le détour pour tout l’humour dont Philippe Laborde peut faire preuve ! Et moi je vous laisse, je vais manger du thon, quelques pommes et me consacrer à ma pyramide en papier alu ! Elle volera un jour, elle volera !

Concours Gallimard Jeunesse
2012

“La passe miroir” de Christelle Dabos

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Concours du 1er roman Gallimard Jeunesse, en partenariat avec RTL et Télérama

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Certes, ce livre n’a pas (encore !) été édité me direz vous… Mais je tenais quand même à partager un véritable coup de cœur !

Le concours du 1er roman Gallimard Jeunesse a commencé l’année dernière, avec la possibilité d’envoyer des romans jusqu’à la fin du mois d’Août 2012. Parmi le millier de romans reçus, trois romans ont été choisis. Nous avons tous la possibilité de les lire pour voter pour notre préféré avant le 31/01/2013 sur le site des éditions Gallimard Jeunesse.

Pour ma part, j’ai donc lu « La passe-miroir » de Christelle Dabos, et je suis actuellement en train de lire « TK » de Philippe Laborde.

Christelle Dabos vient nous conter l’histoire d’Ophélie, liseuse d’objets, dont la maladresse a réveillé énormément de tendresse en moi.

Mais il faut commencer par le début ! Figurez vous que notre monde a disparu, ou presque, et que subsistent quelques îles flottantes, appelées arches, où vivent encore des habitants… curieux. Chez Ophélie, tout le monde a des pouvoirs surprenants, le sien c’est de lire les objets, c’est-à-dire de les comprendre, de leur parler, des les calmer, car oui les objets peuvent se mouvoir… Mais son véritable pouvoir, c’est qu’Ophélie passe à travers les miroirs, et peut donc se déplacer facilement d’un endroit à un autre. Formidable non ?

Donc voilà, tout se passait pour le mieux, jusqu’à ce qu’on lui annonce son mariage arrangé avec un homme du Pôle. Impossible de refuser, ce sont des gens hauts placés qui ont demandé ce mariage. Ophélie se voit obligée de le suivre malgré elle jusqu’au Pôle, où la vie est totalement différente, puisque trois « familles » s’y battent pour le pouvoir à la cour de Farouk…

Que va-t-eil advenir de notre pauvre Ophélie si naïve et maladroite ? (enfin ça, c’est qu’on veut vous faire croire !) Pourquoi l’a-t-on ainsi choisie ? Y a-t-il des choses qu’on nous cacherait ?

Je n’ose pas vous en dire plus de peur de vous gâcher tout le plaisir de la lecture, mais, au risque de me répéter, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman (qui sera sans doute une trilogie, et dont la suite me manque déjà…).

L’écriture de Christelle Dabos est pleine de poésie, de tendresse, d’inventivité et d’originalité. C’est avec une imagination débordante qu’elle nous entraîne dans ce monde où tout a l’air si merveilleux, et si dur à la fois.

C’est avec passion que je vous conseille la lecture de ce roman avant le 31/01/2013, et je crois dur comme fer que nous pourrons aussi le retrouver très vite en librairie ! Je me fais déjà une joie de pouvoir le relire !

“Certaines n’avaient jamais vu la mer” de Julie Otsuka

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C’est un roman au pluriel, un hommage, des vies…

C’est un « nous » qui exprime l’horreur, la douleur, la cruauté humaine…

Mais c’est aussi un « nous » parfois heureux, souvent curieux, un « nous » qui se satisfait du nécessaire…

Et c’est un « nous » qui est fort peu connu.

En effet, dans cette « multibiographie » en un sens, Julie Otsuka nous compte l’histoire de ces japonaises, vendues à des époux vivant dans l’Ouest des Etats-Unis, qui ont traversé l’océan Pacifique pour venir s’installer aux Etats-Unis au début du siècle dernier, où elles pensaient vivre une vie paisible et heureuse.
Là bas, elles découvrent que leurs maris sont loin d’être riches, généralement ce sont de simples paysans. Mais malgré tout, elles vont faire preuve de courage, de simplicité, et d’inventivité, pour survivre dans ce pays qui leur est totalement étranger.

Julie Otsuka nous raconte leurs vies, leur adaptation au “way of life” américain, leur apprentissage de la langue, de l’amour, leurs premières naissances, l’enseignement qu’elles ont apporté à leurs enfants, les métiers qu’elles ont exercés…

Mais aussi leur déportation au moment de la seconde guerre mondiale, le décès de certaines, la disparition de toutes…

C’est une part de l’Histoire qu’on connaît peu voire pas, les japonais ayant été déportés dans des camps au moment de la seconde guerre mondiale, et de la « trahison » du Japon avec le bombardement de Pearl Harbor.

Julie Otsuka illustre avec brio la facilité déconcertante avec laquelle leurs voisins américains se sont mis à les soupçonner de trahison du fait de leurs origines orientales.

Si le livre est triste, voire gênant parfois, l’écriture est prenante, touchante. Ce roman, écrit à la première personne du pluriel, est un véritable témoignage de la vie de toutes ces japonaises au début du siècle aux Etats-Unis. C’est un bel hommage que Julie Otsuka leur rend ici.

Je conseille la lecture de ce livre à quiconque aurait une passion pour l’histoire, pour le Japon, ou simplement envie de découvrir le formidable style d’écriture de Julie Otsuka, déjà reconnue pour son roman « Quand l’Empereur était un Dieu ».

Editions Phoebus, 2012.
Prix Femina étranger 2012.

“Terrienne” de Jean-Claude Mourlevat

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En refermant « Terrienne », on ne peut pas s’empêcher de réfléchir un peu. De se poser sur une chaise, sans rien faire d’autre que respirer. Parce que respirer est un véritable trésor.

Ce livre vient nous faire comprendre beaucoup de choses sur notre vie de terriens dont nous ne savons jamais nous satisfaire. Pourquoi toujours se plaindre, alors qu’on pourrait ne pas respirer, n’avoir aucune émotion, manger des aliments qui n’ont aucun goût, et mourir d’ennui.

Jean-Claude Mourlevat présente ici une véritable ode à la vie humaine, en nous demandant de nous en satisfaire avec ses défauts et ses tares. Pour reprendre les mots d’un grand philosophe, ce cher Baloo du Livre de la Jungle, il faut se satisfaire du nécessaire !

Aussi, même si au premier abord ce livre peut paraître étrange, je vous en conseille la lecture. Vous le dévorerez sans doute comme moi. Après l’avoir refermé, prenez le temps d’y réfléchir. Mais un conseil, ne restez pas trop longtemps assis, sait-on jamais quand la brigade pourra venir vous chercher…

Editions Gallimard Jeunesse, 2011.
Retrouvez cette chronique sur le blog “On lit plus fort” des éditions Gallimard Jeunesse.
Jean Claude Mourlevat est aussi l’auteur du Combat d’hiver et du Chagrin du roi mort.
Et à paraître le 31/01/2013 “Silhouette”.

“Piece” T.1 d’Hinako Ashihara

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« Piece » raconte l’histoire de plusieurs étudiants que peu de choses réunissent, à part, sans doute, leur passage dans le même lycée, qui vont pourtant être emportés dans une quête improbable : se connaître eux-mêmes. En effet c’est par le biais du décès de la jeune Haruka Origuchi qu’ils ne connaissaient qu’à peine que Mizuho, Narumi et Yanai vont se lancer à la recherche du petit ami d’Haruka, qu’elle semblait avoir caché à tout le monde. C’est en partant à la recherche de ce garçon qu’ils vont également se trouver eux-mêmes.

Le principe même de cette série, selon mon ressenti, est de montrer que par des choses qui nous paraissent futiles, on peut finalement apprendre à mieux se connaître, que c’est un besoin que tous nous ressentons. La quête de soi-même est une chose à laquelle, semble-t-il, personne n’échappe. Contrairement à ce que Hinako Ashihara a indiqué, je trouve que si ce manga nous fait sans aucun doute vibrer au rythme d’une enquête dont on espère voir vite le bout, il nous fait aussi énormément réfléchir. En tout cas, pour ma part, je me suis arrêtée plusieurs fois en chemin pour me poser des questions. Aurais-je fait les mêmes choix ? Suis-je capable de définir parfaitement ce que je suis ? N’ai-je pas moi aussi besoin d’apprendre à mieux me connaître ? En soi, ce manga est également psychologique. Et c’est un petit plus qui m’a extrêmement plu (après tout il ne m’arrive pas souvent de m’arrêter en pleine lecture de mangas pour me poser ce genre de questions).

En ce qui concerne le dessin, je n’avais lu aucun travail d’Hinako Ashihara, j’ai donc découvert avec joie la beauté de son trait de pinceau. Je ne suis bien sûr pas une spécialiste, mais je trouve qu’elle rend ses personnages très expressifs, ce qui permet sans mal d’obtenir des indices sans même que ces derniers ne prennent la parole. Il y a également une certaine finesse des traits qui m’a beaucoup plus.

Côté scénario, l’idée est très bonne, et le suspense à son comble, certains éléments dessinés restent flous, même si on a quand même tendance à penser qu’il ne faut pas oublier tous les détails qu’on croise au fil de la lecture, car ils pourront avoir leur importance au moment du dénouement… Ne serait-ce qu’un regard, qu’un objet… Rien n’est laissé au hasard ici ! Après tout, il s’agit bien de pièces d’un puzzle qu’on assemble…

La narration est étonnante, puisque chaque personnage a son importance, et chaque personnage, tour à tour, nous parle directement au travers d’un « je » qui varie donc, ce qui est extrêmement agréable. En effet, cela nous permet de nous rapprocher instantanément de chacun des personnages. Il n’y a pas vraiment un héros ou une héroïne dans cette histoire… Ce sont juste des adolescents qui se lancent dans une quête qui aura sans doute un impact beaucoup plus important qu’il ne l’imagine sur leurs vies futures.

En conclusion, c’est un manga à lire de toute urgence, et j’espère que nous aurons la possibilité de lire la suite très très vite, heureusement qu’il n’y a que 10 tomes, le suspense nous aurait sans doute tous tués… Comme cela est si bien dit : « certains secrets devraient rester enfouis… », de quoi nous faire froid dans le dos !
C’est donc complètement convaincue et séduite que je vous conseille de lire « Piece » de Hinako Ashihara, n’hésitez plus à venir assembler les pièces du puzzle en notre compagnie ! Vivement que la vérité éclate au grand jour !


Editions Kana
, 2011.
4 tomes parus, série en 10 tomes (elle devrait s’achever au Japon en mai 2013).

Pour information, un drama a également été diffusé cet hiver, sur NTV – très bonne adaptation (aperçu)-.
Retrouvez cette chronique sur le blog des éditions Kana.

“A comme association” T.1 d’Erik L’Homme et Pierre Bottero

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A comme Association… Ou comment se laisser emporter dans une dimension de notre monde dont nous n’avons peut être pas conscience…

Ce roman, plein d’humour, c’est le cas de le dire, Jasper n’en manquant pas, nous entraîne à la rencontre de sorciers, vampires et autres créatures qui s’amusent à peupler nos cauchemars (ou rêves pour certains…). Rassurez vous ! L’Association a pour but d’empêcher cette foultitude de personnages de nous nuire… En principe… Parce qu’il n’est pas à exclure que certains petits détails lui échappe… ou ne soient gérés par des stagiaires un peu brouillons… (Oui oui, Jasper, tu es bien visé).

En lisant ce livre, qui entre nous se dévore, tout en veillant à ne pas faire d’indigestion, vous vous prendrez au jeu d’Erik l’Homme (et Pierre Bottero) et vous serez sûrement tentés de vous intéresser de plus près à tous ces jeux de rôle dont on entend aujourd’hui parler… Qui sait, peut être qu’un envoyé de l’Association traîne dans le coin et vous repérera pour que vous deveniez agent, et pourquoi pas sorcier… Alors, tentés par l’aventure ?

Pour ma part, je viens de le finir il y a quelques minutes… Et j’ai déjà sorti mes cartes de Tarot… Alors messieurs les recruteurs ? Moi aussi je fais partie des humains dotés d’aptitudes particulières: les paranormaux. Quand est-ce que vous venez me chercher ???

Dans tous les cas, je vous conseille la lecture de ce roman, ne serait-ce que pour avoir le droit à un bon moment de détente… (bien mérité!). L’hommage à Pierre Bottero en début de livre m’a beaucoup touchée, soit dit en passant. Enfin, léger bémol, chose difficile à accepter… Préparez vous bien… Ce livre est trop court… IL ME FAUT LA SUITE !

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Je ne me suis pas procuré la suite jusqu’à aujourd’hui, mais je sais qu’il y a de nombreux fans de cette série ! A ceux qui ont continué, est-ce toujours aussi bien ? (je sais qu’il en faudra peu pour me convaincre, Erik l’Homme étant sans doute l’un de mes auteurs français préférés). Je me souviens du monde qu’il y avait pour faire dédicacer “A comme Association” au Salon du Livre de l’année dernière ! Moi j’y suis allée avec mon bon vieux “Livre des étoiles” <3.

Editions Gallimard Jeunesse et Rageot éditeur, 2010.
Série en 8 tomes, le dernier étant paru le 11/10/2011.
Retrouvez cette chronique sur le blog “On lit plus fort” des éditions Gallimard Jeunesse.

“Code Cool” de Scott Westerfeld

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Etes vous plutôt un Innovateur, un Initiateur, un Investisseur ou encore un Traînard ? Si vous ne savez pas exactement ce que ces différents mots signifient, je vous conseille de lire « Code Cool » qui vous permettra peut être d’en savoir un peu plus sur vous-mêmes.

Véritable critique de notre société de consommation, derrière ces jeux de mots fort amusants pour éviter de citer certaines marques connues de tous, et à travers la naissance même de ce que notre narrateur Hunter (chasseur de cool) appelle le groupe des Saboteurs, ce roman éveille notre sens critique face à notre façon de vivre.

A travers cette fiction romantique, car n’oublions pas l’Innovatrice Jen, et ses lacets qui en ont fait tomber plus d’un, dont Hunter ne peut détourner les yeux, se détache véritablement une mise en garde… Ne devrions nous pas faire plus attention ? Etre plus critique face à la publicité qui est là pour nous faire consommer…? Scott  cherche ici à briser certains tabous, comme il l’a dit lui même, à éveiller notre curiosité, mais aussi à nous faire passer un bon moment.

Si comme moi, vous ne vous sentez pas cool, vous ne voyez pas ce qui se cache derrière ce mot, lisez ce livre, et vous découvrirez qu’au fond, nous faisons tous partie de cette « pyramide du cool », chacun à notre manière.

Soyez en sûrs, quand vous refermerez ce livre, vous ne verrez plus le monde de la même façon… vous ne supporterez sans doute plus de vous faire manipuler, et vous ne pourrez vous empêcher d’observer les gens autour de vous pour découvrir la prochaine mode, le prochain Innovateur… Si ce n’est pas vous !

Laissez vous embarquer dans une aventure hors du commun à travers les marques les plus connues en compagnie de nos deux héros Hunter et Jen prêts à faire tomber tous les tabous, malgré eux. Entre enquête policière, histoire d’amour, et roman d’aventure, ce livre est à mettre dans toutes les poches !

Editions Gallimard Jeunesse, collection Pôle Fiction, 2011
Scott Westerfeld est très connu par sa série “Uglies”, et son roman “Léviathan”.
Retrouvez cette chronique sur le blog “On lit plus fort” des éditions Gallimard Jeunesse.

“Coeur d’Encre” de Cornelia Funke

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N’avez vous jamais rêvé d’être langue magique et de pouvoir rencontrer vos personnages de romans préférés pour de vrai ? Moi si, et ce depuis toute petite… Alors quand j’ai ouvert pour la première fois « Coeur d’Encre », soyez en sûrs, j’ai espéré que cette histoire soit vraie… Avant de me rendre compte qu’avoir le pouvoir de Mo n’était peut être pas si idéal… En effet, la phrase qui m’a sans doute le plus marquée est la suivante : « Voilà, c’est arrivé, ne pouvais-je m’empêcher de penser, maintenant, tu es au cœur d’une histoire, comme tu en avais toujours rêvé, et c’est affreux. »

Ce qui est remarquable c’est cette apologie de la lecture que Cornelia Funke parvient à faire, que vous ne retrouverez certainement pas dans le film du même nom, adroitement américanisé. Il n’y a pas une page de ce livre où vous ne découvrirez pas une image, une comparaison liées à la lecture. On ressent le respect et la passion pour les livres… Et on en devient presque jaloux au point de vouloir lire toujours plus et d’avoir de plus beaux livres qu’Elinor.
A l’origine, j’avais fait cadeau de ce livre à ma petite sœur pour ses 12 ans. Je ne me doutais pas qu’il pourrait créer en elle cette envie de lire qui me touche moi-même depuis de nombreuses années. C’est par pure curiosité que je l’ai lu à mon tour, et c’est avec fascination que je l’ai refermé. Aussi il va de soi que je conseille ce livre à tous les mordus de lecture, non pas forcément pour son contenu, qui ne m’a pourtant pas déplu, mais surtout pour la forme, et la manière d’écrire de Cornelia Funke.

Mais attention, veillez à ne pas le lire à voix haute… Sait-on jamais ce qui pourrait en sortir…

Editions Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 2003.
Trilogie, ce livre est suivi de “Sang d’encre” et “Mort d’encre”.
Le film “Coeur d’encre” est sorti en 2008.

“La décision” d’Isabelle Pandazopoulos

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C’est l’histoire d’un déni de grossesse… Non, plutôt du déni de grossesse… De ce comportement qu’on comprend rarement, et qui pourtant a tout pour être humain…

C’est l’histoire de Louise, mais aussi de ses parents, de ses amis, des gens qui sont là pour l’aider, et puis c’est celle de son bébé…

C’est l’histoire d’une terrible épreuve, d’un secret, d’une vie…

Quand j’ai reçu ce nouveau livre, ce coup de coeur 2013 de la rédaction, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que j’allais avoir du mal à le lire. Le thème abordé est un thème difficile, que je connais peu, et pourtant je ne peux m’empêcher comme beaucoup de juger ces filles…

Oui, mais pourtant voilà, ce livre je l’ai dévoré, et je l’ai adoré… Parce qu’il est vrai, parce qu’il nous fait comprendre l’inacceptable… Parce que Louise, qui est en plein déni de grossesse, j’ai fini par saisir ce qui lui faisait si mal dans tout ça, j’ai fini par comprendre qu’elle n’avait pas d’autres choix…

Le pire dans tout ça, c’est que je me suis reconnue dans Louise, nous nous ressemblons beaucoup elle et moi, comme elle doit ressembler à pas mal de filles qui ont la vingtaine aujourd’hui… Et à la lecture de ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher de penser :

« Et si c’était moi ? »

Et si c’était vous ? Qu’auriez vous fait ? Savez vous ce que c’est de vivre ainsi dans le déni malgré toutes les preuves que les autres sont prêts à vous apporter ?

C’est un roman bouleversant, dans lequel l’auteur nous pousse dans nos derniers retranchements pour accepter l’inacceptable. Il est clairement impossible de s’arrêter de lire jusqu’à la dernière page, non sans avoir versé quelques larmes, non pas de tristesse, mais plutôt de compassion…

J’ai apprécié le découpage en chapitres, racontés par différents personnages pour suivre l’évolution de l’histoire de Louise et de son bébé, et pour mieux comprendre toute la psychologie des personnages… L’écriture est très réussie !

Je suis admirative de ce courage, de cette détermination finalement dont l’héroïne fait preuve malgré le sort qui s’acharne à coup de massue sur elle…

Avant, quand on me parlait de déni de grossesse, et on en parle pas souvent, je pensais que c’était étrange, bizarre, malsain… Comment était-ce seulement possible d’ignorer la vie qui poussait en nous ?

Mais après cette lecture, j’ai enfin compris. Et vous aussi, pour comprendre, je vous conseille la lecture de cet ouvrage, certes romancé, mais très vrai, très documenté, et absolument tendre.

Vous ne verrez plus les choses de la même manière, vous les verrez de l’intérieur…

Éditions Gallimard Jeunesse, collection Scripto,
Parution le 31/01/2013
Retrouvez cette chronique sur le blog “On lit plus fort” des éditions Gallimard Jeunesse.